
Moi, si j’étais l’amour, j’envahirais la terre,
Et partout dans le monde, j’abattrais les frontières
Je lierais d’un ruban les gâchettes des fusils
Dans les casques de fer j’installerais des nids
Aux bouches des cannons je mettrais des chansons
Qui parleraient de bonheur, de soleil, de moisson d’amitié

Moi, si j’étais l’amour, j’entrerais sans frapper
Dans les cœurs endurcis qui refusent d’aimer
J’étoufferais la haine, la violence, la rancœur
Et les cœurs délivrés, débordant d’allégresse
Chercheraient à leur tour à donner la tendresse

Moi, si j’étais l’amour, j’irais dans les prisons
Je briserais les chaines, j’ôterais les baillons
De ceux que l’on opprime, ceux qui ne croient plus en rien
Geôliers et prisonniers, iraient alors main dans la main
Ils bâtiraient ensemble un village de paix
Ou l’ancienne justice n’entrerait plus jamais

Moi, si j’étais l’amour, j’irais sans me lasser
Je lancerais mes flèches pour que tous soient touchés
Et sur la terre entière on aimerait son prochain
Les hommes ne convoiteraient, ni leur sol, ni leur bien
Les paroles d’évangile leur serviraient de loi
A l’unanimité, je serais enfin roi

Moi, si j’étais l’amour, je chanterais si fort
Que mon chant couvrirait les appels de la mort
Elle reculerait devant mon bouclier
Laissant les enfants vivre et les humains s’aimer

Moi, si j’étais l’amour, je voudrais que mon nom
S’inscrive en lettres d’or sur le seuil des maisons
Et à tout jamais, dans le cœur des hommes